Cette année, nous avons évidemment encore des stages. Mais cette fois-ci, il s'agit de deux stages de 3 semaines : 1 semaine d'observation et 2 "en responsabilité", c'est-à-dire que ce sera à nous de préparer et faire seuls les cours, sur les indications des maîtres d'accueil.
Je suis donc envoyée dans une classe de CM2 depuis ce matin. L'école est une école privée catho à Paris, dans le XXème. Le public est assez différent de mon école de l'an dernier à Neuilly-sur-Seine ! Ici, les Matteo, Ahmed, Assia et Natacha remplacent les Gaspard, Hector, Colombe et Philippine de Neuilly.
L'instit' m'a déjà annoncé quels points du programme j'allais devoir traiter avec les élèves dans chaque matière, reste pour moi à trouver le moyen de le faire. Car contrairement à ce que beaucoup pensent, il ne suffit pas (ou plus) de déballer aux enfants les règles d'orthographe, les définitions de bio et les dates d'histoire pour faire un cours à l'école primaire. Il faut "mettre les élèves en situation", leur faire trouver les choses par eux-mêmes en faisant des recherches et des observations. Quelques exemples donnés par nos formateurs :
- On ne sait pas écrire la fin des verbes conjugués avec "ils" ou "elles". On recherche dans des livres des phrases avec des sujets au pluriel. On remarque que, ah oui, tiens ! Les verbes conjugués avec un sujet à la 3ème personne du pluriel finissent presque toujours par -NT. Et là : toc ! On écrit ensemble la règle, et on apprend la conjugaison !
- De quoi a besoin une plante pour vivre et grandir ? On fait pousser en classe des graines ou bulbes avec différentes méthodes : à la lumière/dans le noir, avec eau/sans arroser, avec sels minéraux dans l'eau/avec de l'eau déminéralisée... Et ensuite on observe et on conclut.
- On ne connaît pas les différents formes géométriques. Par petits groupes, les élèves essaient de classer les formes en carton données par la maîtresse. On remarque que certaines formes ont 3 côtés, d'autres 4, etc. Certains enfants (et surtout les petits) ont besoin de passer par le stade où l'on touche : toucher le contour des formes, sentir la pointe des angles, reproduire le geste du cercle, etc.
(Dans cette démarche, la pédagogie de Maria Montessori est super.
Elle a créée des outils de manipulation souvent simples et efficaces,
comme ce cabinet de géométrie.)
Mais pourquoi faire comme ça ? Parce que les élèves sont comme Saint Thomas, ils croient et donc retiennent beaucoup mieux quand ils voient, recherchent, testent, manipulent, expérimentent. Ils ont joué aux enquêteurs, observateurs, scientifiques > alors ils connaissent maintenant le résultat. Bien sûr, les exercices d'application sont quand même toujours valables pour continuer à s'entraîner (avec le fameux Bled en orthographe). Et d'ailleurs, c'est bien plus motivant que d'apprendre par cœur des leçons à la noix qui ne parlent pas aux enfants, même si là encore, il faudra bien ensuite que les élèves apprennent ce qui a été trouvé en classe !

Maria Montessori a eu le bon goût d'inventer un cabinet de géométrie BLEU !
RépondreSupprimerEst-elle une ratte ?
Si tu cherches des idées "Montessori", notre chère cousine en a tout un blog : http://marm0tte.free.fr/lafabrique/
RépondreSupprimerOui, je sais A-C, j'aime bien suivre les aventure des Marmottons ! J'ai vu certaines de ces activités pratiquées dans mes écoles de stage notamment les dictées muettes à partir d'images, les barres rouges et bleues pour apprendre les chiffres et les quantités, les barrettes de perles pour compter et calculer.
RépondreSupprimerC'est super, comme approche pour les petits, mais après, on se tue à répéter en classe "non, voir ne suffit pas, il faut démontrer" !
RépondreSupprimerBon stage !