vendredi 25 décembre 2009

"Cher Père Noël"

En ce jour de Noël, quelques extraits de lettres de mes élèves allemands au Père Noël (élèves de 15 ans) :

"Je suis été un brave jeune tout l'année et j'ai lassé des biscuits et une tasse de lait près de la cheminée."

"J'adorre Noël et en voie-moi un cheval, mais je sais que je ne recevoir pas un cheval. C'est pourquoi en voi-moi un livre."

"Je te déssire, tu va bon revenir. [...]
Et je déssire aussi une chien poulusch."

"Merci pour donne les à moi."

Et voici ma lettre préférée, presque sans fautes de français, et tellement mignonne :

"Cher Papa Noël,
Je m'appelle Maxi et j'ai 15 ans. J'adore l'avent et l'hiver avec toutes les surprises.
Envoie-moi un animal. Peut-être un petit chien. Je crois que ce n'est pas facile, mais j'ai préparé beaucoup de sablés pour toi et tes collaborateurs.
Pense aussi à ma famille, surtout à ma sœur Celina.
A bientôt.
Maxi
PS : Notre cheminée n'est pas très large. Fait attention ! L'année dernière tu as perdu tes gants sur la gouttière."

Je vous souhaite à tous un très joyeux Noël !

dimanche 13 décembre 2009

Photos colorées

Bon, comme vous êtes plutôt sages en ce moment, je vous fais un petit cadeau : je vous fais partager quelques-unes de mes belles visions :

un coucher de soleil dans mon quartier

un lever de soleil à la gare de Pasing

la déco d'un stand du marché
la terrasse vue de ma chambre sous la neige hier

samedi 12 décembre 2009

Semaine en cuisine

Cette semaine, j'ai passé un certain temps en cuisine, pour le plus grand plaisir de mes yeux, mes narines et mes papilles !

Lundi : en rallumant mon portable après mes cours, je lis un message envoyé par Noémie, une assistante de Munich, qui me propose de faire des Plätzchen (=petits sablés de Noël) l'après-midi-même chez elle. OK ! Le temps que je rentre à la maison, que je déjeune et que j'arrive chez elle, elle a déjà préparé la pâte. Nous devons acheter du sucre glace pour le glaçage et des moules en formes d'étoile et de sapin. Après trois magasins sans trouver ces fameux moules, presque sans espoir nous tentons notre dernière chance dans un supermarché bio. Hourra, les voilà !
Dans la cuisine, nous nous affairons pour étaler la pâte, faire des formes, les mettre sur une plaque, enfourner, faire refroidir, préparer le glaçage au sucre glace et jus de citron, puis enfin ajouter les vermicelles au chocolat par dessus. Après toutes ces étapes, nous pouvons enfin savourer nos Plätzchen. Verdict : miam ! Noémie me prête une petite boîte à goûter pour emporter une partie du butin chez moi.


Mardi : comme convenu avec Nicole, prof de cuisine de la Realschule, je suis invitée au cours de... Plätzchen justement ! J'arrive dans la cuisine de cours à la suite d'un de mes cours de français. Les élèves sont déjà très occupés, la prof leur a donné quatre recettes à faire : roses des sables, sablés au beurre, pain d'épices au chocolat, macarons à la noix de coco. Je passe dans les groupes, regarde, hume, pose des questions, aide la prof à libérer le frigo (en mangeant un bol de stracciatella préparé par d'autres élèves le matin), part photocopier les recettes dans la salle des profs, reviens et goûte les gâteaux une fois terminés. Verdict : miam miam !

Ici, une pub de Plätzchen pour une marque renommée de pâtisserie. "Rischart a un sablé pour chacun". Je salive tous les jours en la voyant affichée dans les gares !
Mercredi : directement après les cours, je pars chez deux amis dont un qui est cuisinier dans un restaurant bavarois assez chic. On cuisine ensemble un délicieux repas : un bon gros steak de bœuf (enfin du bœuf, ça me change du jambon et du poulet !) accompagné de légumes croquants avec de la sauce au vin rouge. Et en dessert une délicieuse mousse au chocolat avec cigarette russe et coulis de framboises, tout ça fait maison. Verdict : miam miam miam !
Bon, je dois avouer que les menus se sont dégradés à la fin de la semaine : pizza, sandwiches, nouilles. Heureusement que bientôt je serai à Paris où je pourrai manger équilibré : tourtes au fois gras et bûche au chocolat !

vendredi 4 décembre 2009

Ambiance de Noël

Depuis au moins deux semaines, c'est déjà Noël à Munich !
Les vitrines décorées, les sapins et les couronnes de l'Avent dans les couloirs de mes écoles, les marchés de Noël, le Père-Noël à l'entrée des grands magasins, les pains d'épices dans les supermarchés (enfin eux, ils sont là depuis la mi-octobre !), le gigantesque sapin devant l'hôtel de ville...
cliquez sur les photos pour les voir en grand

Samedi après-midi, après la visite de Dachau, nous avons retrouvé une troisième assistante de français dans Munich pour nous balader dans les marchés de Noël (Weihnachtsmarkt). En France, les marchés de Noël n'existent que depuis 4-5 ans et leur unique but est de gagner de l'argent. En Allemagne (et en Alsace), c'est une vraie tradition qui fait partie du temps de l'Avent. Chaque village et chaque quartier dans les grandes villes possède son propre marché de Noël.
Dans ces "vrais" marché de Noël, on se promène entre les cabanes en bois, on sent les odeurs de Glühwein (=vin chaud, du vin rouge aux épices), d'amandes grillées, de Lebkuchen (=pains d'épice), de sapins. Vous ne trouverez dans les stands ni écharpes du Pérou ni pères-noël en plastique lumineux, mais des décorations de Noël en paille, des bougies de toutes les couleurs, des couronnes de houx et de sapin, des accessoires de crèche. D'ailleurs il n'est pas rare de voir une crèche exposée au milieu des stands. Il y a toujours des événements organisés : arrivée de St Nicolas, chants de Noël par des chorales d'enfants, atelier de confection de couronnes de l'Avent, etc. C'est beaucoup moins commercial qu'en France.

Donc samedi après-midi, on a été à Marienplatz, la place centrale de Munich),voir le marché et l'immense sapin installé devant l'hôtel de ville. Nous sommes aussi allées au Kripperlmarkt, un marché de Noël spécialisé dans les crèches, avec une crèche tournante géante installée au milieu.
Nous avons vu une patinoire à Karlsplatz Stachus, une autre place de Munich.Puis nous avons bu du Glühwein dans des chopes en forme de bottes ! Le goût m'a un peu déçue par rapport à la si bonne odeur, je n'ai pas réussi à finir la chope... que j'ai vidée et ramenée à la maison en souvenir ! (Ce n'est pas du vol, je leur ai laissé l'argent de la consigne.)Ensuite nous sommes allées dans un marché de Noël moyen-âgeux, où les commerçant portaient des tenues folkloriques. Je reconnais que c'était moins authentique, mais rigolo ! Il y avait de la musique celtique, des cracheurs de feu et des stands de pommes de terres à la braise. Miam, on s'est partagé une sorte de Flammenküch délicieuse.
Et le lendemain, j'ai découvert par hasard un marché de Noël à l'intérieur de la cour de la Residenz, un château au centre-ville de Munich. Le marché de Noël était très beau, surtout à la nuit tombée, dans cette cour éclairée, c'était féérique ! Je n'ai pas osé, mais j'avais envie de prendre une photo des poubelles : elles étaient en forme de petites cabanes enneigées ! Ils pensent à tout, ces Allemands !
Bon Avent à tous !

mardi 1 décembre 2009

Dachau

Samedi matin, je suis allée visiter avec une autre assistante de français en Bavière, l'ancien camp de concentration de Dachau, qui se trouve juste à côté de Munich. C'était une visite que je m'étais promise de faire cette année, mais qui n'est pas très gaie, comme vous pouvez l'imaginer.
Dachau a été l'un des premiers camps ouverts par les Nazis, dès 1933, et a servi de modèle pour les autres camps. Il a accueilli environ 200.000 détenus venant de toute l'Europe : une grande population de prêtres polonais, beaucoup de russes, mais aussi des juifs, des prisonniers politiques, des prisonniers de droit commun, des homosexuels ou des tsiganes. Plus de 40.000 personnes y sont mortes. Il a été libéré par l'armée américaine en avril 1945.

Aujourd'hui encore, on entre dans le camp par le "Jourhaus", là où arrivaient les trains de bétail dans lesquels étaient entassés les nouveaux prisonniers. Sur la grille d'entrée, comme sur toutes les entrées de camps de concentration, on peut lire cette inscription : "Arbeit macht frei" (= le travail rend libre).




Il ne reste plus que 2 baraques comme celle-ci sur les 34 que comptait le camp. On a pu voir comment était l'aménagement intérieur d'une baraque, selon les différentes périodes du camp. Sur la photo ci-dessous, c'est la 1ère période. Par la suite il n'y avait plus de séparation entre les lits, ils dormaient tous serrés sur une paillasse commune.

Le camp était sans arrêt en surpopulation, il n'y avait presque rien à manger, il fallait travailler très dur et obéir à toutes les règles absurdes des SS. Impossible de s'échapper à cause des miradors, des gardes, des barbelés et des fils électriques. Peur permanente des "sélections" (les prisonniers les plus fragiles étaient sélectionnés pour être tués) et des punitions (tortures, humiliations et restrictions de nourriture). En 1945, une épidémie de typhus liée aux mauvaises conditions de vie et aggravée par la surpopulation a fait également de nombreuses victimes.

Aujourd'hui, le camp est devenu un lieu de mémoire et de commémoration avec de nombreuses plaques et monuments qui rendent hommage aux victimes de ce camp : une inscription en plusieurs langues "Plus jamais", une pierre contenant les cendres d'un concentrationnaire inconnu, une chapelle catholique, une synagogue juive, un temple protestant, des œuvres d'art.

On a pu voir aussi le crématorium.

Dans le bâtiment qui servait à l'administration du camp se trouve désormais un musée où l'on a vu des documents marquants : des explications sur l'arrivée du nazisme en Allemagne, des objets ayant appartenu aux détenus (photos de leurs familles, dessins fait en cachette au camp, tenues de prisonniers...), des notes d'expériences atroces menées par des médecins nazis sur des prisonniers, ainsi que des photos et des images de films prises par les soldats américains à leur arrivée dans le camp en 1945.> Même si au bout d'un moment je commençais à ne plus supporter de voir toutes ces photos de corps décharnés, c'était une visite marquante et je pense que c'est important de visiter au moins une fois dans sa vie un lieu de mémoire comme celui-là.