mercredi 11 novembre 2009

20 ans après !

Il y a un peu plus d'un mois, je vous parlais des 20 ans des 40 ans de la RDA (Allemagne de l'est) et des événements qui l'avaient précipitée vers son achèvement. Voir l'article
Pour le début du mois de novembre, il y a plein de fêtes et de commémorations en Allemagne. J'espère que vous savez tous quel événement allemand on a fêté le 9 novembre, non seulement en Allemagne, mais aussi dans le monde entier. Il s'agit des 20 ans de la chute du Mur de Berlin !

En effet, le 9 novembre 1989, le Mur de 155 kms qui coupait en deux la ville de Berlin depuis le 13 août 1961 s'ouvrait, cédant sous les marteaux symboliques des Allemands en liesse et sous les machines de chantier.
Ce "mur de la honte" avait séparé des familles, des couples, des amis d'un jour à l'autre, ayant été construit à la hâte en une nuit sous les ordres du parti communiste pour empêcher les citoyens est-allemands de continuer à quitter le pays.
Beaucoup de gens ont essayé de traverser cette frontière, malgré les miradors, les fils de fer barbelés, les alarmes, les milliers de gardiens armés toujours prêts à tirer et leurs chiens. On ne sait pas précisément combien de personnes sont mortes en voulant passer dans le quartier d'à côté, pour accéder à la liberté. Peut-être 1135. D'autres ont eu plus d'audace ou plus de chance, comme le champion est-allemand de natation Hasso Herschel, qui creusa pendant des mois un tunnel sous le mur et réussit à passer à l'ouest avec sa soeur et 28 autres personnes. Je vous conseille le film "Le Tunnel" (2001) qui raconte leur émouvante histoire.
La chute du Mur fut pour tous les Allemands un événement extraordinaire qui marquait la fin de la séparation de leur pays en deux. Ce soir-là, les Allemands ont pleuré, chanté, dansé entre Allemands de l'est et de l'ouest, certains se sont assis sur les pans encore préservés du Mur. Le célèbre musicien russe Mstislav Rostropovitch est venu jouer du violoncelle pour manifester sa solidarité avec les Allemands.
Peu de temps après, le bloc soviétique -déjà affaibli par des révoltes populaires et par la politique de relâchement (la "Perestroika") menée par Gorbatchev- s'effritait, libérant alors la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie.

Le 9 novembre 2009, une grande fête a été organisée à Berlin sur la Pariser Platz, autrefois coupée par le Mur au niveau de la Porte de Brandebourg. Vous avez peut-être suivi cette fête depuis votre télévision. La chancelière allemande Angela Merkel a traversé la Porte avec ses invités (notamment Hillary Clinton, Dmitri Medvedev, Nicolas Sarkozy) en souvenir des Allemands qui ont franchi le Mur à Berlin il y a 20 ans.
Puis des dominos géants décorés par des jeunes du monde entier sur le thème de la paix et de la liberté ont été poussés par des personnalités emblématiques, comme par exemple Mikhaïl Gorbatchev ou José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et cet effondrement artistique dans les rues de Berlin sous les cris et les applaudissements de la foule était le symbole non seulement de la chute du Mur à Berlin il y a 20 ans, mais aussi d'un espoir de paix et de liberté là où dans le monde se trouvent encore des "murs" : frontière bloquée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, mur de séparation entre la Cisjordanie et Israël, fossé infranchissable entre les riches et les pauvres des pays d'Amérique latine, barrière du racisme en Afrique du Sud...

7 commentaires:

  1. Ah... et moi qui croyais que "20 ans après" était un roman de Dumas...
    On m'aurait menti ?
    Lundi soir, j'étais "Piace" de la Concorde pour le son et lumière (avec un concert de 27 violoncelles en hommage à Rostro')

    RépondreSupprimer
  2. wahou ! Oui, sur les chaînes allemandes ils parlaient de cette installation gigantesque sur la Place de la Concorde, qui apparemment a coûté bonbon... Il y a eu d'autres installations remarquables comme un mur de glace à Londres !

    RépondreSupprimer
  3. Bouh ! Moi j'aurais rêvé d'être à Berlin ou au moins sur la place de la Concorde. J'étais à quelques centaines de mètres... mais en train de bosser derrière mon ordi !
    En tout cas la fête semblait très réussie des 2 côtés du Rhein. Bisous Boulie !

    RépondreSupprimer
  4. Comme promis, nous t'avons mis de côté des journaux français, que tu pourras utiliser dans tes cours auprès des jeunes allemands. Les "Unes" ont des photos évocatrices, avec des titres qui ne devraient pas être difficiles à comprendre pour tes élèves.

    bisous !

    RépondreSupprimer
  5. Ca me fait plaisir de voir cet article, moi aussi j'en ai parlé à mes élèves!!
    "Que se passe-t-il en ce moment en Allemagne?
    _ Un élève: Une élection?
    _ Chorus des autres élèves: Non!!!! Les 20 ans de la chute du mur de Berlin!!"
    Ca fait chaud au coeur quand même!
    Et alors, il y a eu qqc de particulier à Munich, ou juste des écrans?

    Bisous

    RépondreSupprimer
  6. Je crois qu'il n'y a rien eu de particulier à Munich, j'ai l'impression que les Munichois s'en fichaient un peu, qu'ils ne se sentent pas très concernés par cet événement. En tout cas, moi j'ai regardé la télé en direct et j'ai même acheté deux journaux allemands : "Die Zeit" et "Süddeutsche Zeitung", et j'ai récupéré un "Tageszeitung" qui traînait dans le métro avec une énorme photo de la Porte de Brandebourg en une. Maintenant, il va falloir les lire... !!!

    RépondreSupprimer
  7. Et côté médiatique en France, les JT étaient en édition spéciale depuis 18h30 (ça n'a pas fait beaucoup d'audience).
    Radio France unissait ses sept antennes en une le temps des 24h de la journée du 9 novembre. France Inter, France Info, France Culture, France Musique, France Bleu, FIP et Le Mouv ont donc mélangé animateurs, émissions, journalistes, musiques, et donc auditeurs, et installé leurs studios avec public dans divers endroits de Berlin. Impressionnant.

    RépondreSupprimer

Réagissez à cet article en tapant votre texte dans l'espace proposé.
Puis connectez-vous à votre compte Google, ou sélectionnez "Nom/URL" pour mettre un pseudo.