dimanche 24 mars 2013

Le blues de l'instit de Petite Section

Voici la chanson d'un maître de Petite Section à propos de ses élèves.
J'ai vécu les mêmes situations que lui, mais de façon moins exagérée car mes élèves ont bien évolué depuis la Petite Section, et même depuis le début de cette année en Moyenne Section.



Un instituteur qui n'avait pas peur
Des petites sections à la rentrée.
Il en avait 27, qui se chamaillaient aux toilettes
C'est un autre métier, je vais vous raconter!

Il y en a qui pleurent, toute la journée
Vraiment toute la journée, sans s'arrêter !
Ils répondent pas à leur prénom, on ne sait pas ce qu'ils font.
Quand il faut ranger, ils sortent tous les jouets.

Ils savent pas s'habiller, pour aller en récré
Le manteau à l'envers, ils reconnaissent pas leurs affaires.
Sans parler des gants, qui nous font perdre du temps
Les chaussures à lacets, c'est pas une bonne idée !

Mais dès qu'on parle de récré, ils se mettent à pleurer
Et on entend tout le temps, « maman maman ».
Ils restent collés à moi, pour m'arracher les doigts
Ils sucent des cailloux, veulent toujours leur doudou.

Ils ne se mettent pas en rang, s'assoient pas sur le banc
Ils se tortillent ils gigotent, mettent des coups de bottes.
Ils mordent ils pincent ils tirent, un rien les fait rire
Dès qu'on commence l'histoire, ils veulent tout savoir.

Ils ne savent pas colorier, ils ne savent pas dessiner
Ils ne savent pas coller, encore moins découper !
Pour eux c'est acceptable, de dessiner sur la table
Et pour les filles, de se faire du verni.

Ils te donnent les crottes de nez, ou vomissent à la l'entrée
Demandent jamais de mouchoir, il faudrait des bavoirs!
Si tu trouves suspect, l'odeur qui vient de passer
C'est qu'il a pas osé, dire qu'il faut le changer.

A la dinette, ils se battent à coup de fourchette
Il faut surtout goûter, à la pâte à modeler.
L'attention limitée, ils savent pas écouter
Lever la main, c'est souvent en vain!

Mais ils adorent chanter, aiment travailler
Et les voir évoluer, c'est fou tous ces progrès.
Malgré ces lamentations, j'aime la petite section
C'est sûr qu'en juillet, ils vont me manquer !

2 commentaires:

  1. Au début, en lisant le titre un peu vite, j'ai cru que c'était toi qui avait le blues ! Me voilà rassurée.
    J'aime beaucoup le break de l'instit avec la main dans le gant "mais il te manque des doigts, c'est pas possible ?!"

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