Une petite vidéo sur les deux principaux aspects de mon blog : l'école et l'Allemagne !
Ce n'est pas long, mais si vous êtes pressés, regardez seulement à partir de 3:35.
Et ici le texte du sujet qui m’intéresse, sur l’apprentissage de l'écriture dans les deux pays :
" Comment apprend-on à écrire en Allemagne, et comment apprend-on à écrire en France ? A vos crayons !
Voici Louis, un petit Français de six ans. C’est son dernier mois à l’école maternelle et il est tout fier car il a copié en cursive la petite phrase : "Louis joue avec papa". Voici Christina, une petite Allemande de 6 ans. Au jardin d’enfants, elle a juste appris à écrire son prénom en majuscules d’imprimerie sur une feuille sans lignes et elle s’apprête maintenant à entrer à l’école primaire. Les enfants français seraient-ils plus précoces que les enfants allemands ? Non bien sûr, c’est juste que les apprentissages de base, comme par exemple celui de l’écriture, ne se font pas au même moment en France et en Allemagne.
En France, c’est en maternelle que l’enfant apprend à écrire toutes les lettres de l’alphabet. Les majuscules d’imprimerie et plus tard les minuscules cursives. Les majuscules cursives avec toutes leurs boucles, ce sera pour l’école primaire. Mais tout d’abord, l’enfant se sensibilise aux gestes de l’écriture par la peinture, le dessin et les activités graphiques : Il apprend à repérer dans son environnement les lignes horizontales, verticales et obliques, puis les ronds. Il les dessine en grand, puis en plus petit, et enfin les utilise pour reproduire les majuscules et écrire son prénom. Ensuite, c’est le tour des spirales, des courbes et des boucles.
Ici, c’est la grande section, la troisième classe de la maternelle : la maîtresse introduit le son "o" avec la cursive correspondante. Un petit rond dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et en haut à droite, une petite queue pour attacher le o à d’autres lettres comme dans les mots "moto", "dodo" ou dans la petite phrase "Marco a une moto". Même s’ils ne savent pas encore lire, les enfants s’exercent à l’écriture et comprennent que l’écrit est porteur de messages, de sens. Et pour qu’ils aient une belle écriture, la maîtresse contrôle la position du crayon entre le pouce et l’index avec le majeur dessous, la bonne place du cahier perpendiculaire au bord de la table et surtout, la position assise bien droite ! Quand ils arrivent à l’école primaire, les enfants savent reconnaître, écrire et attacher toutes les lettres introduites, et maintenant, ils vont pouvoir apprendre les mécanismes de la lecture et de l’écriture.
Au jardin d’enfants, Christina a fait, comme Louis à la maternelle, du découpage, du modelage et beaucoup de dessins libres qui ont donné l’occasion à son éducatrice de corriger la tenue de son crayon. Et puis elle s’est exercée à écrire maintes fois son prénom en majuscules. En arrivant à l’école primaire, Christina est donc une vraie débutante en écriture et comme il n’y a pas de temps à perdre, elle apprend presque tout à la fois : à écrire les lettres majuscules et minuscules et à les associer pour lire et écrire des syllabes et des mots. Le L majuscule, le a minuscule, la syllabe "la", la syllabe "ma" ça fait "Lama" ! Vous avez bien vu, Christina écrit tout en script. "C’est plus facile d’apprendre à lire et à écrire dans les mêmes caractères", disent les spécialistes de l’écriture en Allemagne. "Commencer par les lettres minuscules d’imprimerie est un détour inutile", disent les spécialistes de l’écriture en France… Ils ne sont pas d’accord sur ce point.
En deuxième année de primaire, Christina apprend une écriture cursive et fait en même temps quelques exercices de graphisme succincts pour exercer rapidement la fluidité du geste. Et là, les choses se compliquent parce qu’en Allemagne, chaque Land a son propre "Kultusministerium", son propre Ministère de l’Education. Christina, qui habite à Munich, apprend la "vereinfachte Ausgangschrift", un modèle d’écriture simplifiée et plus facile à reproduire, qui s’est répandu en Allemagne de l’Ouest dans les années 70. Ce modèle a moins de fioritures et est plus proche de l’écriture en script que l’écriture qui l’a précédé, la "lateinische Ausgangschrift", l’écriture de base latine. À Stuttgart, chaque école peut choisir entre l’ancien et le nouveau modèle d’écriture. A Dresde, on apprend la "Schulausgangschrift", un autre modèle d’écriture simplifiée développé dans l’ex-Allemagne de l’Est. Depuis la chute du Mur, Berlin et Hambourg se sont laissés séduire par ce modèle. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, les écoles sont libres de choisir l’un des trois modèles existants et ou de laisser chaque enfant développer sa propre écriture cursive à partir de l’écriture en script. La seule contrainte est que l’écriture soit bien lisible!
Voilà. Et que devient plus tard l’écriture des enfants ? Que celle-ci ait fait l’objet d’un apprentissage précoce, dirigé et graduel comme en France ou d’un apprentissage plus tardif, mais simplifié et plus rapide comme en Allemagne, on observe que les élèves des deux pays s’émancipent des modèles appris dès qu’ils quittent l’école primaire pour développer une écriture personnelle. Et si le plus souvent, on reconnaît aisément si une écriture est française ou allemande, bien malin qui saurait dire dans lequel des deux pays on trouve le plus de pattes de mouches ! "
En France, c’est en maternelle que l’enfant apprend à écrire toutes les lettres de l’alphabet. Les majuscules d’imprimerie et plus tard les minuscules cursives. Les majuscules cursives avec toutes leurs boucles, ce sera pour l’école primaire. Mais tout d’abord, l’enfant se sensibilise aux gestes de l’écriture par la peinture, le dessin et les activités graphiques : Il apprend à repérer dans son environnement les lignes horizontales, verticales et obliques, puis les ronds. Il les dessine en grand, puis en plus petit, et enfin les utilise pour reproduire les majuscules et écrire son prénom. Ensuite, c’est le tour des spirales, des courbes et des boucles.
Ici, c’est la grande section, la troisième classe de la maternelle : la maîtresse introduit le son "o" avec la cursive correspondante. Un petit rond dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et en haut à droite, une petite queue pour attacher le o à d’autres lettres comme dans les mots "moto", "dodo" ou dans la petite phrase "Marco a une moto". Même s’ils ne savent pas encore lire, les enfants s’exercent à l’écriture et comprennent que l’écrit est porteur de messages, de sens. Et pour qu’ils aient une belle écriture, la maîtresse contrôle la position du crayon entre le pouce et l’index avec le majeur dessous, la bonne place du cahier perpendiculaire au bord de la table et surtout, la position assise bien droite ! Quand ils arrivent à l’école primaire, les enfants savent reconnaître, écrire et attacher toutes les lettres introduites, et maintenant, ils vont pouvoir apprendre les mécanismes de la lecture et de l’écriture.
Au jardin d’enfants, Christina a fait, comme Louis à la maternelle, du découpage, du modelage et beaucoup de dessins libres qui ont donné l’occasion à son éducatrice de corriger la tenue de son crayon. Et puis elle s’est exercée à écrire maintes fois son prénom en majuscules. En arrivant à l’école primaire, Christina est donc une vraie débutante en écriture et comme il n’y a pas de temps à perdre, elle apprend presque tout à la fois : à écrire les lettres majuscules et minuscules et à les associer pour lire et écrire des syllabes et des mots. Le L majuscule, le a minuscule, la syllabe "la", la syllabe "ma" ça fait "Lama" ! Vous avez bien vu, Christina écrit tout en script. "C’est plus facile d’apprendre à lire et à écrire dans les mêmes caractères", disent les spécialistes de l’écriture en Allemagne. "Commencer par les lettres minuscules d’imprimerie est un détour inutile", disent les spécialistes de l’écriture en France… Ils ne sont pas d’accord sur ce point.
En deuxième année de primaire, Christina apprend une écriture cursive et fait en même temps quelques exercices de graphisme succincts pour exercer rapidement la fluidité du geste. Et là, les choses se compliquent parce qu’en Allemagne, chaque Land a son propre "Kultusministerium", son propre Ministère de l’Education. Christina, qui habite à Munich, apprend la "vereinfachte Ausgangschrift", un modèle d’écriture simplifiée et plus facile à reproduire, qui s’est répandu en Allemagne de l’Ouest dans les années 70. Ce modèle a moins de fioritures et est plus proche de l’écriture en script que l’écriture qui l’a précédé, la "lateinische Ausgangschrift", l’écriture de base latine. À Stuttgart, chaque école peut choisir entre l’ancien et le nouveau modèle d’écriture. A Dresde, on apprend la "Schulausgangschrift", un autre modèle d’écriture simplifiée développé dans l’ex-Allemagne de l’Est. Depuis la chute du Mur, Berlin et Hambourg se sont laissés séduire par ce modèle. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, les écoles sont libres de choisir l’un des trois modèles existants et ou de laisser chaque enfant développer sa propre écriture cursive à partir de l’écriture en script. La seule contrainte est que l’écriture soit bien lisible!
Voilà. Et que devient plus tard l’écriture des enfants ? Que celle-ci ait fait l’objet d’un apprentissage précoce, dirigé et graduel comme en France ou d’un apprentissage plus tardif, mais simplifié et plus rapide comme en Allemagne, on observe que les élèves des deux pays s’émancipent des modèles appris dès qu’ils quittent l’école primaire pour développer une écriture personnelle. Et si le plus souvent, on reconnaît aisément si une écriture est française ou allemande, bien malin qui saurait dire dans lequel des deux pays on trouve le plus de pattes de mouches ! "
Texte : Elisabeth Fétizon

