mercredi 9 novembre 2011

Apprendre à écrire des deux côtés du Rhin

Une petite vidéo sur les deux principaux aspects de mon blog : l'école et l'Allemagne !
Ce n'est pas long, mais si vous êtes pressés, regardez seulement à partir de 3:35.




Et ici le texte du sujet qui m’intéresse, sur l’apprentissage de l'écriture dans les deux pays :
" Comment apprend-on à écrire en Allemagne, et comment apprend-on à écrire en France ? A vos crayons !
Voici Louis, un petit Français de six ans. C’est son dernier mois à l’école maternelle et il est tout fier car il a copié en cursive la petite phrase : "Louis joue avec papa". Voici Christina, une petite  Allemande de 6 ans. Au jardin d’enfants, elle a juste appris à écrire son prénom en majuscules d’imprimerie sur une feuille sans lignes et elle s’apprête maintenant à entrer à l’école primaire. Les enfants français seraient-ils plus précoces que les enfants allemands ? Non bien sûr, c’est juste que les apprentissages de base, comme par exemple celui de l’écriture, ne se font pas au même moment en France et en Allemagne.

En France, c’est en maternelle que l’enfant apprend à écrire toutes les lettres de l’alphabet. Les majuscules d’imprimerie et plus tard les minuscules cursives. Les majuscules cursives avec toutes leurs boucles, ce sera pour l’école primaire. Mais tout d’abord, l’enfant se sensibilise aux gestes de l’écriture par la peinture, le dessin et les activités graphiques : Il apprend à repérer dans son environnement les lignes horizontales, verticales et obliques, puis les ronds. Il les dessine en grand, puis en plus petit, et enfin les utilise pour reproduire les majuscules et écrire son prénom. Ensuite, c’est le tour des spirales, des courbes et des boucles.

Ici, c’est la grande section, la troisième classe de la maternelle : la maîtresse introduit le son "o" avec la cursive correspondante. Un petit rond dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et en haut à droite, une petite queue pour attacher le o à d’autres lettres comme dans les mots "moto", "dodo" ou dans la petite phrase "Marco a une moto". Même s’ils ne savent pas encore lire, les enfants s’exercent à l’écriture et comprennent que l’écrit est porteur de messages, de sens. Et pour qu’ils aient une belle écriture, la maîtresse contrôle la position du crayon entre le pouce et l’index avec le majeur dessous, la bonne place du cahier perpendiculaire au bord de la table et surtout, la position assise bien droite ! Quand ils arrivent à l’école primaire, les enfants savent reconnaître, écrire et attacher toutes les lettres introduites, et maintenant, ils vont pouvoir apprendre les mécanismes de la lecture et de l’écriture.

Au jardin d’enfants, Christina a fait, comme Louis à la maternelle, du découpage, du modelage et beaucoup de dessins libres qui ont donné l’occasion à son éducatrice de corriger la tenue de son crayon. Et puis elle s’est exercée à écrire maintes fois son prénom en majuscules. En arrivant à l’école primaire, Christina est donc une vraie débutante en écriture et comme il n’y a pas de temps à perdre, elle apprend presque tout à la fois : à écrire les lettres majuscules et minuscules et à les associer pour lire et écrire des syllabes et des mots. Le L majuscule, le a minuscule, la syllabe "la", la syllabe "ma" ça fait "Lama" ! Vous avez bien vu, Christina écrit tout en script. "C’est plus facile d’apprendre à lire et à écrire dans les mêmes caractères", disent les spécialistes de l’écriture en Allemagne. "Commencer par les lettres minuscules d’imprimerie est un détour inutile",  disent les spécialistes de l’écriture en France… Ils ne sont pas d’accord sur ce point.

En deuxième année de primaire, Christina apprend une écriture cursive et fait en même temps quelques exercices de graphisme succincts pour exercer rapidement la fluidité du geste. Et là, les choses se compliquent parce qu’en Allemagne, chaque Land a son propre "Kultusministerium", son propre Ministère de l’Education. Christina, qui habite à Munich, apprend la "vereinfachte Ausgangschrift", un modèle d’écriture simplifiée et plus facile à reproduire, qui s’est répandu en Allemagne de l’Ouest dans les années 70. Ce modèle a moins de fioritures et est plus proche de l’écriture en script que l’écriture qui l’a précédé, la "lateinische Ausgangschrift", l’écriture de base latine. À Stuttgart, chaque école peut choisir entre l’ancien et le nouveau modèle d’écriture.  A Dresde, on apprend la "Schulausgangschrift", un autre modèle d’écriture simplifiée développé dans l’ex-Allemagne de l’Est. Depuis la chute du Mur, Berlin et Hambourg se sont laissés séduire par ce modèle. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, les écoles sont libres de choisir l’un des trois modèles existants et ou de laisser chaque enfant développer sa propre écriture cursive à partir de l’écriture en script. La seule contrainte est que l’écriture soit bien lisible!

Voilà. Et que devient plus tard l’écriture des enfants ? Que celle-ci ait fait l’objet d’un apprentissage précoce, dirigé et graduel comme en France ou d’un apprentissage plus tardif, mais simplifié et plus rapide comme en Allemagne, on observe que les élèves des deux pays s’émancipent des modèles appris dès qu’ils quittent l’école primaire pour développer une écriture personnelle. Et si le plus souvent, on reconnaît aisément si une écriture est française ou allemande, bien malin qui saurait dire dans lequel des deux pays on trouve le plus de pattes de mouches ! "

Texte : Elisabeth Fétizon

jeudi 3 novembre 2011

Stage en CM2 et un peu de pédagogie...

Cette année, nous avons évidemment encore des stages. Mais cette fois-ci, il s'agit de deux stages de 3 semaines : 1 semaine d'observation et 2 "en responsabilité", c'est-à-dire que ce sera à nous de préparer et faire seuls les cours, sur les indications des maîtres d'accueil.
Je suis donc envoyée dans une classe de CM2 depuis ce matin. L'école est une école privée catho à Paris, dans le XXème. Le public est assez différent de mon école de l'an dernier à Neuilly-sur-Seine ! Ici, les Matteo, Ahmed, Assia et Natacha remplacent les Gaspard, Hector, Colombe et Philippine de Neuilly.

L'instit' m'a déjà annoncé quels points du programme j'allais devoir traiter avec les élèves dans chaque matière, reste pour moi à trouver le moyen de le faire. Car contrairement à ce que beaucoup pensent, il ne suffit pas (ou plus) de déballer aux enfants les règles d'orthographe, les définitions de bio et les dates d'histoire pour faire un cours à l'école primaire. Il faut "mettre les élèves en situation", leur faire trouver les choses par eux-mêmes en faisant des recherches et des observations. Quelques exemples donnés par nos formateurs :
  • On ne sait pas écrire la fin des verbes conjugués avec "ils" ou "elles". On recherche dans des livres des phrases avec des sujets au pluriel. On remarque que, ah oui, tiens ! Les verbes conjugués avec un sujet à la 3ème personne du pluriel finissent presque toujours par -NT. Et là : toc ! On écrit ensemble la règle, et on apprend la conjugaison !
  • De quoi a besoin une plante pour vivre et grandir ? On fait pousser en classe des graines ou bulbes avec différentes méthodes : à la lumière/dans le noir, avec eau/sans arroser, avec sels minéraux dans l'eau/avec de l'eau déminéralisée... Et ensuite on observe et on conclut.
  • On ne connaît pas les différents formes géométriques. Par petits groupes, les élèves essaient de classer les formes en carton données par la maîtresse. On remarque que certaines formes ont 3 côtés, d'autres 4, etc. Certains enfants (et surtout les petits) ont besoin de passer par le stade où l'on touche : toucher le contour des formes, sentir la pointe des angles, reproduire le geste du cercle, etc.
(Dans cette démarche, la pédagogie de Maria Montessori est super.
Elle a créée des outils de manipulation souvent simples et efficaces,
comme ce cabinet de géométrie.)


Mais pourquoi faire comme ça ? Parce que les élèves sont comme Saint Thomas, ils croient et donc retiennent beaucoup mieux quand ils voient, recherchent, testent, manipulent, expérimentent. Ils ont joué aux enquêteurs, observateurs, scientifiques > alors ils connaissent maintenant le résultat. Bien sûr, les exercices d'application sont quand même toujours valables pour continuer à s'entraîner (avec le fameux Bled en orthographe). Et d'ailleurs, c'est bien plus motivant que d'apprendre par cœur des leçons à la noix qui ne parlent pas aux enfants, même si là encore, il faudra bien ensuite que les élèves apprennent ce qui a été trouvé en classe !

jeudi 20 octobre 2011

Admissible !

Je suis admissible !
Les oraux d'admission seront à la fin de l'année : vers mai-juin.

Merci à tous pour les messages, les porte-bonheur, les petits cours de maths, les bonbons, et vos pensées : 
avant/pendant/après les épreuves,
avant/pendant/après les résultats !

dimanche 2 octobre 2011

Alea jacta est...

Concours passé, bouquins de révisions rangés, kit révisions jusqu'à la dernière miette dévoré, le sort en est jeté !
J'étais dans l'Académie de Versailles.
Je n'ai pas vraiment un bon pressentiment : je pense avoir très bien réussi ce que j'ai fait, mais j'ai manqué de temps en français et manqué de réponses en maths. J'espère que les autres matières vont me rattraper, mais comme c'est un concours, bof bof... :-s

Toutes les académies n'ont pas eu les mêmes sujets. Je peux vous dire sur quoi on est tombé à Paris, Créteil, Versailles, Amiens et Lille (et peut-être encore ailleurs), que ce soit le public ou le privé :

1ère épreuve (4h) :
Histoire : 1789, une année "sans pareille".
Géo : 1 photo de la place de la Bourse, à Bordeaux + 1 petit texte sur le projet Lyon Confluence. Sujet : Le renouveau des paysages de centre-ville.
Français : Analyse à partir de 4 textes : Les différents conceptions du personnage de roman.
Grammaire : substituts anaphoriques dans un des textes.
Orthographe : valeur orthographique de la lettre S dans différents mots donnés.
Lexique : expliquer le sens de 4 mots donnés, par leur formation et leur contexte.

2ème épreuve (4h) :
Maths :  3 exercices un peu fourre-tout et assez déroutants par leur forme. Tout le monde a trouvé ça plus dur que d'habitude...
Sciences : on n'a eu que de la physique (à Nantes et Poitiers, ils n'ont eu que de la bio). L'énergie : définir l'énergie renouvelable, donner les avantages et inconvénients de différentes centrales électriques, faire la chaîne énergétique de la centrale nucléaire à la consommation (et pareil avec une centrale éolienne), citer 2 transformations de l'énergie électrique dans un lave-linge et avec quoi elles sont réalisées (avec un schéma explicatif d'un lave-linge, mais pas de plan d'accès ! hihi !).


Merci pour vos encouragements. Vous continuerez à m'aimer quand même quand les résultats tomberont ! Suspens jusqu'au 20 octobre...