Mercredi, toujours avec les élèves français et cette fois-ci également avec leurs correspondants allemands, nous sommes allés au lac de Chiemsee, baptisé "la Mer bavaroise" par les Allemands.

Nous avons pris le bateau pour rejoindre l'île des Messieurs après avoir aperçu la rive de l'île des Dames. Ces noms ont pour origine les couvents qui s'y sont installés : l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes.


Donc sur l'île de Herrenchiemsee, nous sommes allés visiter l'un des châteaux de Louis II de Bavière, vous savez ce roi fou des grandeurs et fou tout court.
Il était un grand fan de notre Roi-soleil, alors il a voulu se faire construire une copie de Versailles. Il a d'abord acheté un terrain qui s'est révélé trop petit donc il y a fait édifier son palais Linderhof. Ensuite il a acquis ce terrain sur l'île et les travaux de construction ont commencé en 1878. Mais il n'a jamais eu assez d'argent pour terminer ce château, car non seulement l'acheminement des matériaux sur l'île était compliqué et coûteux, mais en plus il s'était fait construire un troisième château, celui de Neuschwanstein, le célèbre château qui a servi de modèle à Walt Disney pour la demeure de la Belle au Bois dormant.
Une partie du château de Herrenchiemsee est consacrée aux salles que j'appelle "musées" parce que leur seule fonction est d'imiter Versailles : salle des gardes, chambre à coucher, salon de la guerre, galerie des glaces... Tous les tableaux représentent des scènes de l'histoire de France. On peut également voir une copie de la table de travail de Louis XV et des bustes des grands maréchaux français, mais il ne se trouve aucune représentation de Louis II lui-même dans tout le château.

Le reste des appartements était prévu pour Louis II mais il n'y a jamais habité. Dommage, car sa baignoire avait l'air agréable... même s'il faudrait 8 heures pour la remplir !
Autres détails amusants :
- les décorations en marbre sont parfois en faux marbre, alors qu'il coûtait à l'époque plus cher que le vrai !
- étant timide de nature, Louis II avait trouvé un moyen de prendre ses repas tranquillement ; il était prévu que les cuisiniers déposent les plats sur sa table depuis les cuisines, puis que la table soit montée grâce à un système de poulies jusque dans la salle à manger du roi.